Dans cet ouvrage (devenu rare et recherché), le peintre genevois,
dont la maîtrise du pastel a fait la renommée à travers l’Europe
du XVIIIe siècle, consigne les recommandations que lui dictent son
expérience et sa fidélité aux grands maîtres. Liotard considère de
son devoir de transmettre aux jeunes artistes les règles
fondamentales de la peinture afin de les préserver des «caprices
versatiles de la mode». Ainsi sont (ré)affirmés avec force les
principes sur lesquels se fonde la peinture comme art de
l’imitation: «art sublime, rival de la nature», qui permet à
l’homme d’atteindre le beau immuable, à condition que soient
maîtrisées, dans un souci constant de vérité, les techniques par
lesquelles la toile s’anime et livre au contemplateur les objets
recomposés de son univers. Liotard fait donc une synthèse des
grandes parties de l’art de la peinture (que l’on dira plus tard
«classique») en les reformulant dans une perspective didactique:
le dessin, le coloris, le jugement, l’invention, la composition,
l’expression, le clair-obscur, l’harmonie, l’effet, le contraste, le
saillant et la grâce.
Par la clarté de ses positions, ce traité constitue aujourd’hui une
source particulièrement éclairante pour saisir les enjeux de l’art
figuratif dans la culture occidentale. Nouvelle édition illustrée de
détails d’oeuvres conservées au Musée d’art et d’histoire de
Genève (pastels et peintures) et des gravures conçues par Liotard
pour accompagner l’ouvrage lors de sa parution en 1781.
